
Jeudi 27 - Premier Jour
Début de journée sous un soleil brûlant avec un groupe tout aussi intense. Le punk hardcore old school de Turtles Junior, venu tout droit d'Indonésie, nous enflamme en bonne et due forme avec sueur et violence ! Et en maître mot : APÉRO !"

Pattes d’eph et moustaches bien fournies ont illuminé la Valley façon Woodstock des grandes heures ! Back to les 70s avec la fusion totalement psyché des groupes Bretons Moundrag et Komodor, qui nous ont offert un show démentiel. Deep Purple et Uriah Heep n’ont pas de soucies a se faire, Komodrag and the Mounodor assure la relève !

Il n’aura pas fallu bien longtemps pour que Slaughter to Prevail retourne le Hellfest avec un Wall of Death d’une rare intensité qui restera gravé dans les mémoires des festivaliers imbibés… et dans celles des graviers piétinés.

Pour sûr, on a carrément trippé derrière nos fausses Ray-Ban ! Les Britanniques de Green Lung ont envoûté leur public avec une bonne dose de Stoner Doom solennel, atmosphérique et bigrement catchy !

Pas vraiment branchés, mais tout de même curieux, notre professionnalisme nous a guidés vers Babymetal. Un concert parfaitement millimétré et bourré d’énergie. Les fans totalement conquis, bien plus que nous en tout cas.

Quand la fraîcheur et sa collègue fatigue commencent à nous défier, le Metalcore marseillais de Landmvrks sait comment nous réveiller. Véritable shoot d'adrénaline, la déferlante de riffs puissants et riches, portée par des lignes vocales éthérées, saisit les fans en plein cœur !

Couteau entre les chicos, il est temps d’en finir avec cette première journée sous le signe d’un soleil de fer ! Rendez-vous incontournable avec les bourreaux du Thrash allemand Sodom, dégainant Flying V et ceintures cloutées sur l’Altar pour un set acéré et méga old-school. Du véritable pain béni pour petits et grands bardés de cuir et de fer !

Vendredi 28 - Deuxième jour
De bon matin, le public, déjà à fond les ballons, en prend plein la poire avec du Thrash Nantais. Karma Zéro n’attend certainement pas la fin de ton café pour te retourner le ciboulot !

À bâbord toute et tenez bon les bouts, le chaos du grand large s'est abattu sur la Temple ! Houle nous embarque dans une virée sur de froides mers mortifères avec un Black Metal déchirant. L’ambiance est sublimée par la vocaliste, qui erre dans la foule, lanterne en main, tandis que les six cordes des gratteux hurlent à la mort. Porter un ciré jaune n’a jamais été aussi branché !

Du Power Metal, ça ne peut pas faire de mal, surtout avec les Japonaises de Lovebites et leurs riffs aussi solides que du rock ! Poings levés avec gloire, les amateurs ne voient pas le temps passer tant la leçon d’efficacité est magistrale.

Connaissez-vous Savage Lands ? L'ONG créée par Sylvain Demercastel (Artsonic) et Dirk Verbeuren (Megadeth), qui se donne pour mission des opérations de reboisement, l'achat de terres pour leur préservation, mais aussi de faire de la musique afin que leur notoriété ait un impact positif pour faciliter le financement des différentes opérations.
Eh bien, nous avons pu les voir sur scène, accompagnés de nombreux guests. Hé oui ! Nombreux sont ceux qui ont rejoint Savage Lands dans leurs différents projets. On y retrouve des membres de « Gojira », « Sepultura », « Heilung », « Locomuerte », « Akiavel », « Sidilarsen » et même l'humoriste Thomas VDB.
C'est le prestigieux label Season of Mist qui a signé, non pas le groupe, mais toute l'ONG, une première !

Mais ce n'est pas tout ! Car durant la conférence de presse qui a précédé le live, le Hellfest s'engage à hauteur d'un million d'euros pour soutenir toutes les actions qui seront menées. Une bien belle façon de faire avancer la cause environnementale.
Le festival, de par sa popularité, se doit de faire plus.

Les poids lourds du Metal alternatif français Lofofora, frappent toujours aussi fort, aussi bien musicalement que politiquement. C’est comme à la maison, mais en mieux !

Welcome to les rock stars à la limite du bon goût : Steel Panther, ou l’art de perdre quelques neurones en musique. Le Glam à paillettes et les spandex léopard font toujours autant mouche après quelques pintes, preuve que ce «Heavy» reste un péché mignon pour pas mal de monde. Assumez, on vous voit hein !

Ça sent le rififi du côté de la Warzone ! Directement venus de Brooklyn, les légendaires Biohazard nous font bouffer des briques sans accompagnement avec un hardcore taillé pour gros bras. Fidèles à leurs convictions, ils lancent un message de soutien à la jeunesse, tel un bâton de dynamite prêt à exploser, ça fait chaud au cœur.
Parfait pour s’allonger dans l’herbe, une pâquerette entre les orteils, Fu Manchu revitalise nos chakras avec son Stoner Rock imparable, distillé depuis 1990 !
Cette année, Machine Head met le paquet pour un résultat explosif. Un raz-de-marée de confettis s’abat sur la Mainstage 1, avec une pyrotechnie en plat de résistance, savamment utilisée aux moments les plus indiqués. Mention spéciale au public scandant en cœur un « happy birthday » dédié à la mère de Robb Flynn (guitariste chanteur). 85 ans c’est pas rien !

Séance aplanissement des terrains avec le rouleau compresseur Anaal Nathrakh. Le Black Indus de Birmingham nous offre une excellente simulation de machine à laver débridée, de quoi finir lessivé.
Au même moment, éclats de lasers et néons incandescents illuminent la Mainstage, où The Prodigy clôture cette longue journée à grand renfort de son Big Beat à tomber par terre. Véritable rayon fruits et légumes, le pit arbore une banane d’enfer avant d’entrer en communion lors de l’hommage poignant rendu à Keith Flint, ancien chanteur du groupe décédé en 2019.

Samedi 29 - Troisième Jour
Prestation époustouflante et quasi hors du temps du duo français de Pagan Electro : Eihwar, composé d’Asrunn (chant, percussions) et de Mark (machines, voix). À eux deux, ils soulèvent la foule dans une transe hypnotique et poétique, rythmée à la manière d’un rite guerrier d’un autre temps. Tout un univers à découvrir dans l’interview à suivre.

Merci encore à Asrunn et Mark pour leur gentillesse et leur convivialité, nous avons hâte de vous revoir.

Journée spéciale Heavy sur les Mainstages, en partie ouverte par deux formations déjà cultes au sein de la scène, partageant par ailleurs des musiciens identiques.
Sombre et mélancolique, Sumerlands transperce nos carcasses de Hardos détrempés, bien déterminés à faire jouer la air guitar ! Aussi vibrant que sur album, c’est une réussite totale avec un arrière-goût de mélancolie, compte tenu de l’hommage rendu au bassiste du groupe (Brad Raud), décédé un mois auparavant. Rest in power !
Sans concessions, Eternal Champion embraye avec un show fédérateur et musculeux. Torse nu et coiffé d’un camail d’armure, Jason Tarpey (chant) réalise une entrée digne des plus grands romans de Sword and Sorcery sur l’emblématique « I Am the Hammer ». Et ça, c’est bigrement Heavytastique !
Avec une setlist presque entièrement composée de titres des années 80 à la sauce « Metal on Metal » et les fameux solos réalisés à l'aide d'un godemichet (pas mal, hein ?), les cultes Anvil et leur fougue inaltérable contaminent encore et toujours les cœurs des crinières à frange.
Du côté de la Warzone, c’est une joyeuse baston assurée par le punk hardcore des Californiens de Total Chaos. Une farandole de pogos dans les règles de l’art !

Toujours en pleine ascension vers le haut du panier au sein de la scène pagan, les incontournables Hrafngrimr irradie la Temple d’un néofolk envoûtant et mémorable.

Voir un virtuose à l’œuvre, c’est excellent. Mais encore faut-il être adepte des démonstrations guitaristiques et des solos néo-classiques à rallonge. Quand on s’appelle Yngwie Malmsteen, c’est sûr, on a tendance à en foutre partout. Mais quand Doogie White (chant) prend le micro, l’ensemble devient plus accrocheur… et ça fait toute la différence !
Les patrons du Heavy allemand sont de sortie ! Accept et sa collection de tubes en acier trempé continuent de traverser les âges avec la hargne de la grande époque.

Déjà de retour après 2 ans, les Metallica ont dû aimer leur dernier passage à Clisson. En espérant que cela leur offre un peu plus de visibilité pour la suite de leur carrière !

Gardé immortel par la flamme de la New Wave of British Heavy Metal, Saxon rayonne sous son aigle de chrome pour ce dernier concert de la journée, ouvert par "Hell, Fire and Damnation", extrait de leur dernier album. Portée par la voix toujours aussi puissante de Biff Byford, la setlist enchaîne les plus grands hymnes du groupe, de quoi faire cramer nos transistors !

Comme Metallica, ils sont de retour après deux ans, et l’effet Suicidal Tendencies est toujours intact ! Impossible de passer à côté des fameuses bastons dans le pit, des montées du public sur scène… sans oublier les musiciens survoltés, grimpant tels des ouistitis sur les échafaudages de la Warzone

Dimanche 30 - Dernier Jour
Dès le matin sur la Temple (11h05, ressentie 7h00), le public afflue en masse pour un groupe chouchou de Prun' (déjà 3 fois en live pour 3 émissions différentes) Sang Froid... De la Cold Wave à l’aube ? Oui, mais quel talent !

Façon orchestre désincarné, le Black Metal déglingué des sombres rues pavées fait gémir cuivres et accordéons. Spleen au mégaphone, salopette cradingue, Pensées Nocturnes remue les tripes et lacère le palpitant. Une interview à écouter absolument !

Merci à Léon Harcore, une interview importante pour mieux comprendre l'étendu de son art.

Post punk français et à l’origine du tube Sentimental Animal, Rendez Vous, on en attendait beaucoup. Mais la magie n’a pas vraiment opéré… Un set sans les étincelles, dont le groupes est pourtant capables, qui laisse une étrange impression d’ersatz de Simple Plan (eux aussi à l’affiche au même moment). C’est la tuile !
Passage par la Hellstage pour retrouver les copains de FT-17 et leur Black Metal sauce Première Guerre mondiale. Les aventures du bidasse Marcellin résonnent toujours aussi fort dans nos tympans !

Un dernier pogo sur Madball pour Iron Malt avant de remballer. Rien de tel que du punk hardcore californien pour s’esquinter le portrait une ultime fois. Après ce passage à la Warzone, un contrôle technique renforcé chez le dentiste n’est effectivement pas exclu !
On clôt cette épopée riche en émotions et en houblon avec la tête d’affiche de cette édition 2024 : Foo Fighters.

Une édition du Hellfest encore une fois réussie. Des plus grandes légendes jusqu'aux groupes plus modestes, tous se sont donné à fond pour nous offrir un grand cru. Spéciale dédicace à tous les groupes d'ouverture, tôt le matin, qui ont fait un taf exceptionnel.
Quant au Hellfest lui-même, on le voit prendre de plus en plus d'engagements, que ce soit éthique ou écologique, et c'est un vrai bonheur. Et même si des voix s'inquiètent des têtes d'affiche de l'édition 2025, nous préférons attendre d'y être pour vous faire encore une fois notre retour.
En attendant, les festivals ne manquent pas, alors foncez soutenir vos scènes locales, et à l'année prochaine !
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Article : Turbo Boy - John
Interviews et montage : John
Prise de son : Turbo Boy
Photo : Newsålem - John
